Les bécasses de novembre

Nous avons eu la chance de chasser sur une terre à bois privée de 250 acres bordée de champs agricoles en Estrie cette semaine. J’avais déjà fait mon adieu aux bécasses pour 2017 ne pensant pas avoir la chance d’en croiser d’autres cette année.

À notre arrivée sur cette terre un beau matin de novembre froid et ensoleillé, nous avons tout de suite pu constater que le couvert avait l’air parfait pour la gélinotte et nous avions hâte de l’explorer et de trouver tout ces oiseaux que personne n’avait du déranger de la saison.

En commençant notre randonnée après avoir traversé une éclaircie, nous sommes tombés directement dans une aulnaie très vaste bordée de conifères. Un super habitat, je marchais entre les troncs serrés et sous les branches en écoutant la cloche en me disant nous sommes quelques jours en retard ça devait être remplie de bécasse ici. Et puis Dixie s’est arrêtée. Pas loin à environ 15 mètres de moi. En faisant mon premier pas pour me diriger vers elle une bécasse s’est envolée à mes pieds en chandelle au-dessus de moi et puis, celle qui devait être la raison pourquoi Dixie était a l’arrêt fit de même presque en simultané. Déconcentré j’ai tiré mes deux coups sur la première et j’ai tout raté. J’ai regardé par terre et il y avait des miroirs frais partout. Et puis le festival de la bécasse 2017 a débuté, Guillaume et moi on s’est crié BÉCASSE presque a toutes les minutes. Elles décollaient de partout en duo ou en trio. J’ai perdu le compte, mais dans l’aulnaie nous avons eu plus de 15 levées. Dixie a fait des erreurs, les chasseurs aussi, mais ce fut une super expérience. La petite a fait deux beaux arrêts dont un très loin de moi mais je n’ai pas eu le temps de me placer, elle du tenir plus d’une minute le temps que j’arrive jusqu’à elle, mais en me penchant pour passer sous une branche d’aulne la bécasse a filée.

Ensuite le terrain change rapidement et devient une belle forêt mixte assez dense, le setter est aux anges et chasse a ma droite a une centaine de mètres. Et puis le silence, elle est a l’arrêt, faut que je la trouve, let’s go! Guillaume veut que je l’attende pour servir l’arrêt, mais voulant ne rien manquer je marche rapidement entre les arbres sans trop l’attendre. Et puis ça y est je voie Dixie, la recrue de l’année est sous un grand épinette figée devant un billot couché. C’est un superbe arrêt, elle a le fouet bien droit à l’horizontale et de niveau avec son dos, ce qu’elle est belle. Je suis bien placé pour la contourner et arriver devant son arrêt, je m’avance un peu et je crois voir quelque chose de brun s’enfuir sans bruit devant le chien entre les troncs et les branches au sol et puis je ne vois plus rien bouger. Guillaume arrive sur les lieux et la chienne se relocalise en faisant une boucle vers la droite et se remet à l’arrêt intense a une dizaine de mètres, je m’avance et puis vroum la grosse gélinotte s’envole devant Guillaume et moi au-dessus d’une clairière et elle fonce vers nous dans son ascension. BANG!, BANG! et BANG!… Et puis CALICE! Et oui nous avons manqué l’oiseau devant son plus bel arrêt en carrière, son troisième sur gélinotte. Je me calme un peu et la félicite quand même pour son excellent travail en m’excusant d’avoir raté son oiseau.

Ce fut ma plus belle sortie de l’année, et une de mes plus belles à vie. Gibecière vide, mais la mémoire remplie d’images et de souvenirs.

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