Découverte d’un secret bien gardé

scolopax minor

La saison de chasse 2014 fut pour moi un tournant important dans mon approche de la chasse au petit gibier. Il s’agissait de ma première année de chasse avec un chien d’arrêt, Skeetie une femelle setter anglais de 5 ans acquise au début de l’année. Enfin je pouvais tenter ma chance et traquer la bécasse d’Amérique avec une compagne d’expérience,

Cette journée mémorable s’est déroulée le 12 octobre 2014, dans une réserve faunique de la Sépaq où ma famille et moi avons l’habitude de passer le weekend end de l’action de grâce. Je commençais à connaitre et développer une bonne chimie avec Skeetie lors de nos sorties de chasse. Elle m’avait déjà démontré ses capacités et fait plusieurs arrêts sur des gélinottes lors de nos sorties précédentes. Étant un néophyte de la chasse avec chien d’arrêt, j’étais parfois anxieux de la voir s’éloigner et disparaitre plusieurs minutes dans ses quêtes effrénées. Elle semblait par contre savoir parfaitement ce qu’ elle faisait et fut pour moi une excellente enseignante, me pardonnant toutes mes erreurs de débutant.

Ce fut donc après le lunch que mon épouse qui voulait voir Skeetie s’exercer à la chasse me proposa d’aller prendre une petite marche dans le sentier situé aux côtés du chalet et du lac. J’ai accepté en sachant bien qu il ne s’agissait pas du meilleur couvert pour la chasse. Le minuscule sentier ne me semblait pas propice pour la gélinotte, étant très étroit et situé dans un peuplement de résineux très mature. Lorsque j’ai libéré Skeetie au début de la séance, fidèle à elle-même elle a vite fait de balayer toute la forêt de résineux en bordure du lac et ce malgré le dénivelé important et le terrain qui était accidenté. Elle revenait telle une fusée chaque 2 minutes établir avec moi un contact visuel, je pouvais presque lire dans son regard qu elle me disait : il n y a pas de perdrix ici, mais je cherche!!!

Après 10 minutes de chasse la musique de la sonnaille de Skeetie a tranquillement diminuée pour ensuite s’éteindre. C’est alors qu’en regardant mon appareil GPS pour la localiser, j’ai constaté qu’elle était à l’arrêt, à une distance de 140 mètres tout au haut de la colline de forêt de résineux. Comme nous étions à quelques pas du chalet, j’ai proposé à mon épouse d’aller la rejoindre au chalet après être allé chercher Skeetie qui était selon moi égarée un peu trop loin pour que nous y aventurions à deux.

C’est En arrivant au haut de la colline que j’ai compris que Skeetie était passé aux choses sérieuses. J’avais rarement vu un tel habitat. L’habitat où je me trouvais était en quelques sortes un petit paradis, caché et isolé de toute pression de chasse. Il s’agissait d’un ancien buché où avait poussé une jeune forêt de tremble âgée d’une dizaine d’année. J’y ai marché une seule minute avant de trouver Skeetie à l’arrêt couchée au sol comme un félin, depuis déjà plusieurs minutes. Cette fois ci son regard était plus sérieux et elle m’avertissait d’être sur mes gardes. C’est à ce moment que ma première bécasse a décollée. Très surpris, elle est tombée sous mon deuxième coup de feu. La scène était magique. À peine le temps de récupérer mon trophée au sol que Skeetie était disparue et a l’arrêt quelques mètres plus loin, cette fois ci droite sur ses quatre pattes immobilisée de façon intense. J’ai récolté ma deuxième bécasse au premier coup de fusil quelques secondes plus tard. Skeetie a fait deux autres arrêts ensuite, j’ai dû par contre mettre fin rapidement à cette séance riche en émotion et retourner au chalet tel que convenu car je n’avais plus de cartouches.

Bécasses d'Amérique
Bécasses d’Amérique

J’ai été très fier de ma chienne Skeetie cet après-midi là et cette courte sortie restera longtemps gravée dans ma mémoire. Je crois que ce fut le début d’une passion pour la chasse à la bécasse et que j’y ai eu la vraie piqure!
C’est mon chien qui a découvert cet habitat qui est désormais un secret bien gardé. Cette expérience m’a confirmé une chose que tous les chasseurs devraient considérer. Il y a très souvent d’excellents habitats pour la chasse à proximité des chalets de villégiature des territoires fauniques et rien ne sert de parcourir plusieurs kilomètres en véhicule pour chasser. J’ai également compris l’utilité et le pourquoi de la grande quête de Skeetie, qui parfois m’inquiétait, cela fut très utile cette journée-là.

Submit a comment