La chasse à la bécassine par Rémi Ouellet

Crédit photo: Rémi Ouellet

3 bécassines sur un seul arrêt. C’était dans les années 80 alors que j’habitais sur la côte nord. C’est la région la plus à l’Est sur la rive nord du Saint-Laurent pas loin de la jonction du fleuve et du golfe qui s’ouvre sur l’Atlantique. Il y a fort longtemps, bien avant que les sous-marins allemands sillonnent le fleuve pendant la Deuxième Guerre mondiale,les Vikings puis les Basques ont navigué sur ces eaux.

Bon, je chassais à l’époque avec mon bon vieux Ralph du Nord. Un magnifique Braque allemand que j’ai eu pendant 11 ans qui furent sans conteste 11 années de bonheur. Dans ce pays de petits villages isolés et peu peuplés, il y avait tellement de gibier que le chien se dressait tout seul simplement en chassant. Bécasse, gélinotte , tétras et bien sûr la délicate oiselle, la bécassine de Wilson foisonnaient en ces lieux. Wilson; il s’agit de son véritable nom.   Et si je fais référence avec le ballon de Tom Hanks qui lui tenait compagnie alors qu’il était « Seul au monde », j’étais aussi seul au monde avec des « Wilson » sur des marais immenses entre le ciel et la mer.

Donc un jour je vais à la bécassine chez un vieil ami cultivateur. Une petite platière constituée de fourrage coupé court, quadrillé de minuscules rigoles toujours humides en automne ou pousse un genre de riz sauvage. Les oiselles adorent ces lignes. Ralph galope, mais il y a tellement d’oiseaux qu’il lui faut être prudent. Je fais facilement 2 ou 3 oiseaux, tout va bien jusqu’à ce que VLAN… Il se bloque. Là j’avance prudemment, GRETCH! GRETCH! ……Pan! Une bécassine à terre…. Ralph ne bouge pas….. GRETCH! GRETCH! ….Et ça part en loupe….PAN! Yesss! Deux belles bécassines au carnier. Mais le braque demeure immobile! Lui qui n’est justement pas sage à l’envol ni au coup de feu…… Rapidement j’éjecte les douilles vides et mets une pilule dans le canon droit. Tout à coup j’ai chaud… J’avance très lentement… un pas de plus et GRETCH! GRETCH! Une troisième bécassine s’envole en zigzag….Pan! Juste entre le zig et le zag… Et de 3….. Sur un seul arrêt…. Voilà. Évidemment qu’il ne s’agit pas d’un triplé, car les bécassines on prit leur envol les unes à la suite des autres, mais ça reste quand même un joli souvenir.

Auteur: Rémi Ouellet

2 Commentaires

  1. Ça se chasse la bécassine de wilson?! Au Québec?
    Comment on mange ça? Ce ne doit être qu’un casse-croûte!

Submit a comment