La fièvre de l’ouverture

Pour de chasseurs de gélinottes comme vous et moi, l’attente et l’anticipation de l’ouverture de la chasse sont intenses. Règle générale, nous devons attendre jusqu’au troisième samedi de septembre pour l’ouverture. Heureusement, certaines réserves fauniques du Québec proposent une saison qui débute hâtivement. Depuis maintenant plusieurs années quelques amis chasseurs et moi allons à la chasse durant le congé de la fête du Travail. Un remède pour essayer d’apaiser notre fièvre de l’ouverture, et nous faire rêver du mois d’octobre.

Les préparatifs sont faits depuis quelques jours; le chien est bien entraîné et en forme, les bottes sont cirées, et les fusils nettoyés. Après une nuit trop courte nous partons donc au petit matin pour arriver à une heure convenable afin de pouvoir chasser la courte fenêtre de temps de la journée ou la température sera assez fraîche pour le chien. Les attentes de cette journée ne sont pas des plus élevées étant donné les conditions défavorables, température chaude, végétation très dense et visibilité très réduite en forêt, la jungle quoi. L’excitation est par contre palpable, on arrive, on choisit un couvert presque au hasard, on enfile bottes et vestes, et GO!!!! On laisse le chien aller!!!!!

Quelle sensation agréable, c’est commencé!! La musique de la sonnaille est repartie, le setter est dans son élément et sa quête est quasi parfaite. Après à peine 4 minutes intenses, la cloche s’arrête, les deux chasseurs s’enfoncent dans un couvert des plus dense pour aller y voir ce qui se passe. Skeetie est là à l’arrêt comme un félin. À peine arrivé près d’elle pour apprécier le moment : Le cillement des ailes d’une grosse bécasse résidente se fait retentir et fait sursauter les 2 chasseurs qui épaulent un peu confus. Ouf!! Il ne faut pas oublier qu’on est le 5 septembre! La chasse de cet oiseau migrateur n’est pas ouverte.

Nous reprenons nos esprits et repartons continuer notre chasse en bordure du chemin. Quelques minutes plus tard, nous arrivons au milieu d’une couvée de gélinottes d’environ 6 oiseaux juvéniles. Le chien étant du mauvais côté du chemin, il se fait un peu déculotter nous parvenons à récolter 2 gélinottes qui ont décollées. Skeetie repart sur les traces de la couvée, arrête un oiseau qui décolle en n’offrant aucune occasion de tir.
Après quelques minutes de recherche, nous décidons de repartir et de laisser les oiseaux perchés dans les épinettes en paix.

Dans l’heure de chasse qui suivit, nous avons eu droit à 3 autres arrêts magnifiques sur des gélinottes. Les 2 chasseurs devront par contre pratiquer leur tir, car ce fut pétarade, payante pour les compagnies de cartouches.

Nous avons également assisté en fin d’avant-midi à un phénomène un peu bizarre. Skeetie a arrêté une autre bécasse, qui je crois, a eu de la difficulté à s’envoler. Elle est par la suite restée au sol sur le dos comme si elle faisait la morte. Cela semblait une stratégie de défense contre le prédateur. Nous l’avons prise dans nos mains pour vérifier si elle était saine et en vie, et quelques instants plus tard elle a décollé, spectacle intéressant!
Ce fut une ouverture hâtive très satisfaisante. Nos observations nous permettent d’affirmer que le nombre d’oiseaux est un peu supérieur à la moyenne comparativement aux années passées. Bonne saison et méfiez-vous de la bécasse qui fait la morte!

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