LAGOPÈDE D’AUTOMNE AU CHIEN D’ARRÊT PAR RÉMI OUELLET

Lagopedes. Photos: Rémi Ouellet

Au milieu des années 90, j’ai eu la chance d’aller chasser les lagopèdes avec mon setter Joker. Sur l’invitation d’un pourvoyeur de chasse du caribou, qui en échange de photos publicitaires m’a proposé une semaine tout inclus en Hudsonie. Je me suis donc retrouvé avec Joker dans la première semaine de septembre, sur un vol reliant Montréal à Schefferville en moyen transporteur et Schefferville, Lac à l’eau claire en hydravion ; un Otter . Un vieil appareil au bruyant moteur en étoile construit en 1957 qui pétaradait au slow comme 4 Panhead straight pipe.
Au fait la perdrix blanche n’est pas blanche à l’année longue. Au printemps elle mue pour devenir marron roux tout en gardant le dessous des ailes et le ventre blanc. Elle évolue dans la toundra vallonneuse du Grand Nord . Les failles du terrain et les pourtours de lacs sont fréquentés par les lagopèdes .

Lors de mon séjour, j’ai rencontré des solitaires jusqu’à de petites  compagnies de 7,8 perdrix  accompagnées de milliers de mouches noires sanguinaires et affamés .Inutile de dire que le setter s’est payé la traite dans ses ouvertures infinies. La baie d’Hudson est sur la même latitude que l’Écosse et les setters ont été créés pour chasser sur ce terrain . Je ne suis jamais allé sur les Highlands, mais les illustrations me font penser à ce pays.
Joker a chassé à plein pot pendant les  2 premiers jours. Les 2 dernières journées, je le découplais seulement dans les swamps pour le ménager .L’idéal est manifestement de monter là haut au moins à 2 gars accompagnés de 2 chiens chacun. À cette époque de l’année, les blanches sont disséminées dans la toundra où il faut quand même les chercher. Elles se laissent arrêter facilement . L’envol n’est pas aussi rapide que celui de la perdrix grise et de la gélinotte . La chasse du lagopède est cependant parmi les plus belles parce que tout se passe à découvert .

Je me souviens de notre première rencontre ,Joker galopait à bride abattue quand il tourna violemment pour descendre la pente pierreuse jusqu’à une place de résineux rabougris qui ceinturais un petit lac . Il freina en s’étirant ,statufié la tête haute en fumant la pipe . Je descends pour me placer , je dépasse le chien quand soudain une compagnie de 7 ou 8 blanches prennent leur envol . J’aligne le premier et PAN ! l’oiseau tombe comme une poche. J’en prends un second qui est plus loin et je tire. Il accuse le coup en tournoyant , signe qu’il a une aile de brisée. Joker s’élance au rapport du deuxième pendant que je récupère le premier qui est tombé dans la bruyère . Les autres  s’éloignent en planant à basse altitude en suivant le contour des collines.

La toundra vallonneuse du grand nord. Photos: Rémi Ouellet
La toundra vallonneuse du grand nord. Photos: Rémi Ouellet

C’est un sport fascinant qui malheureusement s’avère très dispendieux . Cette chasse n’a rien à voir avec la chasse d’hiver des lagopèdes qui descendent au nord du lac Saint-Jean en hiver. Il faut y aller en avion , plus haut que Radisson , bien plus au nord pour voir des compagnies de lagopèdes qui commencent à se regrouper pour rendre la chasse intéressante et acheter les services d’un pourvoyeur . Il existe une tradition de chasse du lagopède au chien d’arrêt à Terre-Neuve . Astheure je ne connais pas le prix de ce voyage, mais je ne doute pas un instant que c’est magnifique.

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