LE SETTER ANGLAIS, PLUSIEURS STYLES UNE SEULE RACE

Photo: Rémi Ouellet

Si l’on revient en arrière, le parcours et l’évolution du setter anglais sont atypiques des autres races de chiens d’arrêt. Créé pour chasser la grouse (lagopède d’Écosse) sur des grandes étendues de bruyères du nord de l’Angleterre et de l’Écosse et la perdrix grise sur les plateaux cultivés, il est arrivé en France vers 1879 pour chasser la grise de la plaine du nord qui ne devait pas être ce qu’elle est aujourd’hui en regard de l’espace et du nombre de perdrix.
La diaspora du setter le fait traverser l’Atlantique, aux États-Unis vers 1874 où il évolue sur les plantations de la côte est à la chasse du colin de Virginie puis remonter dans les boisés de la Nouvelle-Angleterre où il devient le redoutable chien de gélinotte (grouse dog) qu’il est devenu aujourd’hui. Point en commun entre le continent européen et l’Amérique; il a été créé pour la plaine, mais les chasseurs l’utilisent en forêt à la bécasse et à la perdrix sylvestre où il performe.
Historiquement en Amérique le setter et le pointer règnent en maîtres absolus jusqu’après la Deuxième Guerre alors que des soldats ramènent des braques et des épagneuls qui étaient rares au Nouveau Monde.


Voilà un bref historique du setter anglais, mais là où je veux en venir c’est sa polyvalence et sa capacité d’adaptation à une grande variété de terrains et de gibiers. Comme dans toutes les races il y en a de très bons, mais aussi des mauvais, comme chez les chasseurs hommes il y a de bons chasseurs et des cons… »Généralement » le setter est intelligent. Il n’est pas un chien qui se laisse contrôler par son maître, et ce, même en utilisant la technologie. C’est ce côté un peu voyou et rebel qui m’attirent chez ce chien, car s’il n’en fait qu’à sa tête c’est qu’il est doué et qu’il désire vous faire plaisir en trouvant du gibier. Combien de fois ai-je voulu lui faire explorer un coin de couvert qui plus tard s’avèrera désert alors qu’il allait directement sur une planque à gibier?
Comme il est rapide, il explore les places sans perte de temps. Celui qui chasse dans de petits couverts fermés ne sera pas heureux avec un setter et le setter ne sera pas le meilleur dans les forêts denses parce qu’il sera toujours difficile de le trouver à l’arrêt. Il est un chien d’espace ouvert. Laissez lui prendre l’initiative c’est payant. Je ne parle pas de fermeté de l’arrêt ni de sa façon arrogante de négocier la perdrix grise et la gélinotte qui sont innées chez lui. Je ne dirai pas non plus que c’est une absurdité de garder un setter dans les bottes.

Les races ont été créées pour certaines caractéristiques en ce qui concerne le biotope chassé. En conséquence celui qui chasse dans de grands espaces choisira un chien qui va vite et loin comme un setter ou un pointer. À contrario pour celui qui chasse sur de petites parcelles très sales et en espaces restreints, il serait plus opportun de recourir à d’autres races. Je déteste voir un setter ou un pointeur être continuellement rappelé et punis pour les faire chasser court. Pour chasser les petites places, il convient bien mieux de s’adjoindre une autre race de chien d’arrêt ou encore un springer ou même un labrador qui adore chasser sous le fusil….Mais pas un setter qui a besoin d’air et de liberté d’action pour s’exprimer.
Je ne suis pas très objectif parce que j’aime le setter! Peu importe le style, debout à l’Américaine ou près de terre à l’européenne le setter demeure l’un des « bird dog » les plus populaires sur la planète. Il y a surement une raison à cela.

Auteur: Rémi Ouellet

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