Ma gélinotte adorée

Crédit photo: Charlotte Dragon

C’était le 22 juillet dernier, après avoir fait quelques exercices de sagesse sur pigeons avec ma chienne au printemps, il était maintenant temps de retourner au bois pour de véritables situations de chasse. Il n’y a rien comme les oiseaux sauvages pour que le chien prenne de l’expérience à mon humble avis. Je connais quelques bons endroits ou il y a de la bécasse sur la Rive-Sud de Montréal, mais de la gélinotte abondante ça n’existe pas dans mon patelin, je dois faire de la route pour en trouver. Le king of game birds est la raison pour laquelle j’ai un chien d’arrêt et plus particulièrement pourquoi j’ai choisi le setter. C’est le gibier que j’aime chasser le plus au monde, c’est ma passion. Alors dimanche passé je me suis levé aux petites heures pour essayer d’arriver en grouse country avant que le soleil ne le réchauffe trop.

Voici donc le récit d’une randonnée sur une terre agroforestière en Estrie avec ma blonde et notre chien d’arrêt. Air frais, il fait 15 degrés Celsius à 7 h du matin. Dixie est en forme et elle me tire depuis qu’elle a aperçu les arbres au fond de ce champ qui vient d’être fauché. Je la relâche en lui donnant le signal habituel et elle décolle comme un jet, à toute vitesse elle fait honneur à ses ancêtres champions de field trial et puis elle disparaît. Maintenant je vais devoir suivre le son de sa cloche et me fier uniquement au rythme de sa musique. Je connais bien l’endroit et je sais que le king s’y cache, car je l’ai vu et entendu tout le printemps. Je sais que la jeune setter a encore de l’expérience à prendre avant d’obtenir le grade de grouse dog donc je reste optimiste, mais je me dis qu’il se peut que ça ne se passe pas comme je voudrais aujourd’hui. La cloche n’est presque plus perceptible, je regarde ma bébelle haute technologie, elle est à 100 mètres de moi vers l’Est. 100 mètres dans cette jungle du mois de juillet c’est trop pour moi, je la rappelle. Elle s’arrête au son du bip de son collier et je lui donne un coup de sifflet, puis la cloche repart de plus belle. 70, 50, 30, 20 mètres je la vois, elle m’aperçoit, c’est bon vas-y Dixie, trouve-moi un oiseau, juste un, stp. Je me suis levé à 4 h ce matin et j’ai conduit pendant 2 heures juste pour toi. Allez, trouve-nous un oiseau.

Crédit photo: Charlotte Dragon
Crédit photo: Charlotte Dragon

Les minutes s’écoulent, elle travaille fort et j’aime ce qu’elle choisit de faire comme trajet je la laisse donc aller. Nous marchons dans les champs le long de la foret, j’entends le chien trouver un cours d’eau et se foutre dedans, c’est parfait ça va la garder au frais. Et puis le champ fait un 90 degrés et plonge creux vers la droite. Je tourne le coin rapidement parce que la chienne a fait taire sa sonnaille, je regarde une dernière fois la manette qui me relie aux satellites pendant qu’elle vibre pour me dire, Dixie Is On Point, à 20 mètres sud-est. Je longe les arbres à ma droite en scrutant à travers cette végétation trop dense, puis je vois Dixie un peu plus bas qui pointe sa tête dans ma direction. Je ne peux m’en empêcher je lui lâche un petit Whoa, pour lui indiquer que je ferai le reste de la job, et VRRROUM! Ma gélinotte adorée se lance entre moi et Dixie et coupe plein sud vers son paradis pour disparaître aussi vite. C’était une rousse que je crie à ma blonde, puis je tire un coup de pistolet à blanc. Dixie repart, mais Whoa! N’oublie pas ce que j’ai essayé de t’enseigner tout l’été, reste donc sage un peu. Elle se rappelle de la leçon et s’arrête à ma grande satisfaction. Puis allez up vas-y Dixie bravo ma belle!

Ce fut une belle matinée et je n’ai pas regretté de m’être levé le cul si tôt le matin. Ce sera à refaire plusieurs fois encore avant septembre pour bien conditionner le chien.

 

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