Octobre en décembre

Skeetie à l'arrêt sur gélinotte de décembre.

La saison 2015 en fut une excellente pour mes partenaires de chasse et moi. Comme j’attendais un bébé pour la fin octobre, je me doutais bien que ma saison devrait s’arrêter abruptement. Cela m’a motivé à multiplier les sorties en septembre et début octobre.  Nous avons entamé la saison dès le début septembre dans une réserve faunique par temps exceptionnellement chaud qui ne permettait pas vraiment de chasser plus de quelques minutes avec le chien sans risque de coup de chaleur ou de déshydratation.

Ce fut par contre une excellente occasion de prospecter différentes zones de la réserve que nous ne connaissions pas pour des sorties futures. Nous avons découvert des coins intéressants à haut potentiel pour la bécasse, ainsi que de bonnes zones de gélinottes que nous n’avions jamais chassées. En nous déplaçant en voiture, nous avions remarqué qu’une des routes principales était fermée pour des réparations, car il y avait eu un affaissement causé par un cours d’eau.

Les mois de septembre et octobre se sont écoulés, nous avons fait de superbes chasses dans différentes réserves fauniques (Papineau Labelle, Duchénier, Rouge-Matawin, Portneuf et St-Maurice). Ma fille est née le 30 octobre comme prévu, ma vie a changé et le temps en bonne compagnie a filé si vite que je n’ai pas vu passer le mois de novembre.

Après presque un mois entier sans chasse, ma chienne et moi ne tenions plus en place au début décembre et devions faire une sortie à tout prix. Comme il n’y avait pas encore de neige au sol, mon frère et moi avons décidé d’aller dans la réserve faunique où nous avions ouvert la saison au début septembre, et peut-être essayer de chasser les couverts que nous avions découverts lors de notre prospection.

Arrivés à destination vers 8h le matin, après les préparations habituelles, nous avons lâché le setter dans un des premiers couverts qui semblait prometteur le long d’un chemin secondaire qui nous permettait de marcher sur plusieurs kilomètres. Nous étions gâtés par dame nature en cette journée de décembre. C’était une journée parfaite, soleil, pratiquement pas de vent, et température agréable avoisinant les 15 degrés Celsius. Par moment je m’imaginais même voir des bécasses tellement le temps était clément, même si elles étaient parties pour le sud depuis plus d’un mois.

Après une pause aussi longue sans chasser inutile de vous dire que la Skeetie était complètement surexcitée et que son intensité fut incomparable. Dès le début, en à peine cinq minutes elle bloqua sur une gélinotte, qui décolla un peu trop rapidement et qui ne nous offrait pas d’occasion de tir. C’était un magnifique arrêt, nous avons fait notre possible pour passer à travers l’épaisse végétation qui nous séparait du chien, mais le bruit de l’envolé se fit entendre quelques secondes avant que nous soyons en bonne position pour tirer. Nous avons poursuivi la matinée sur ce chemin, avons eu 2 autres contacts avec des gélinottes, mais sans pouvoir en récolter. Après 3 heures et demie de course intense, nous décidâmes de prendre une pause pour casser la croute et reposer le chien, qui était épuisé de sa matinée.

Après le lunch, nous nous dirigions vers un autre couvert identifié en septembre. En nous y rendant, nous avons constaté que la route était encore fermée pour la circulation des véhicules. Maxime et moi avons alors décidé par curiosité d’aller marcher sur ce chemin quelques minutes pour analyser la situation et qui sait peut-être voir quelques oiseaux en ce début d’après-midi. Nous n’avions pas encore marché une minute qu’une gélinotte décolla et fit un vol bas de gauche à droite à travers le chemin. Maxime fit feu et bascula la gélinotte en vol à son deuxième coup. Une fois au sol la perdrix se mit à courir, la gerbe de plomb lui ayant probablement atteint l’aile. Max voulut rattraper l’oiseau le plus rapidement possible avant qu’il ne s’enfonce dans les broussailles et que nous le perdions. Il se précipita donc d’un pas maladroit, perdit l’équilibre et tomba face première dans le chemin rocheux, ne voulant pas utiliser ses mains pour amortir la chute afin de protéger son fusil Ithaca SKB 280 tant adoré. Résultat, une côte brisée, un fusil bien amoché, une première perdrix de récoltée et plusieurs fous rires de son frère.

La suite de l’histoire : malgré un chasseur éclopé, nous avons récolté 3 belles gélinottes avons eu droit à au moins 8 envolées en moins d’une heure de chasse sur ce chemin. Quelle belle journée de décembre ce fut malgré le petit accident. Je conclus avec un petit truc : ne jamais négliger les couverts qui sont bloqués par des obstacles. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de tomber sur des couverts hyperproductifs lorsque l’accès n’est pas carrossable en véhicule. Merci aux road hunters!

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