Un couvert surnommé « Le Fruit de La Passion »

Chasse à la bécasse

C’était le premier octobre 2016, il faisait un beau soleil et l’air était frais. Nous avions marché le long d’une route secondaire plutôt étroite mon frère et moi en suivant Skeet qui était tout simplement en feu ce matin là. Après avoir récolté quelques gélinottes et en avoir laissé filer plusieurs autres sur des arrêts tous plus spectaculaires les uns que les autres, nous avons pris une pause pour luncher derrière la Subaru de Guillaume pendant que Skeet se reposait.

Nous n’avions pas vu une seule bécasse en avant-midi, même si la Réserve où nous nous trouvions est réputée pour en abriter plusieurs. Après une bière et le bon lunch préparé par Guillaume la veille, nous avons fait un tour en voiture question de choisir où nous passerions l’après-midi. C’est à ce moment que nous avons croisé un chasseur qui revenait à son camion avec un Épagneul français à ses côtés. Nous l’avons salué et lui avons demandé comment allait sa chasse jusqu’ici. C’est avec un regard un peu snob qu’il nous répondit tout simplement « ah moi je chasse la bécasse avec mon chien » en croyant qu’il avait affaire à deux road hunters à la recherche de gélinottes de route. « Nous aussi on chasse la bécasse, la chienne est à l’arrière. » qu’on lui répondit. C’est là qu’il s’intéressa un peu plus à nous et nous nous sommes ensuite mis à échanger plus ouvertement sur les détails de nos chasses matinales. Il eut même la gentillesse de nous indiquer d’où il revenait et nous a encouragés à aller y faire un tour, que nous aurions bein du fun selon lui.

Quand il eut terminé de nous expliquer comment s’y rendre, nous l’avons remercié pour sa générosité et sommes partis vers ce nouveau couvert assez rapidement merci. Nous avons garé la voiture de façon à revendiquer le sentier pédestre qui menait à l’endroit secret, rempli nos poches de munitions, mis la cloche puis le collier au chien et puis nous sommes partis à la chasse au trésor. Après une centaine de mètres, le sentier se divisait en deux et sans trop penser nous avons pris la gauche qui semblait être un meilleur habitat pour le gibier recherché. Et puis après une heure et une seule bécasse ratée, plus rien. Nous sommes rentrés bredouilles en nous disant que nous n’étions probablement pas au bon endroit. Nous avions dû passer tout droit et ce n’était pas le bon sentier.

Le weekend suivant nous y sommes retournés, mais cette fois en essayant d’être les premiers arrivés. C’était encore une magnifique journée et nous comptions le trouver ce couvert perdu. Nous nous étions levés de bonheur pour partir de Montréal et arriver sur les lieux tôt. De fait la bouche du sentier nous attendait bien libre à notre arrivée. En se préparant tranquillement près de la voiture le bruit d’un véhicule s’approchant a brisé le silence et puis à notre grande surprise notre ami le bécassier et son Épagneul étaient aussi de retour cette semaine. Nous nous sommes empressés de lui dire que nous irions chasser ailleurs qu’il pouvait y aller, il nous a crié des insultes en blague et nous a dit bien franchement, on partage la même passion, c’est rare que je rencontre des chasseurs avec des chiens, ça me fait plaisir de partager mon spot avec vous, alors allez-y!

Et bien nous y sommes allés, et nous l’avons trouvé ce fameux spot. Nous avons pris l’embranchement de droite cette fois-ci et nous nous sommes retrouvés au beau milieu de l’action. Les bécasses étaient bien au rendez-vous, Skeet en avait plein son museau. Encerclés de petits feuillus sur un sol humide, dans ce qui semblait être un ancien sentier caché par des herbes hautes qui avaient repoussé. Arrêt après arrêt, le setter était au paradis, les bécasses décollaient de partout et les coups de feu retentissaient plus fréquemment qu’a l’habitude. Ce fut la plus fructueuse et mémorable matinée de la saison.

C’est après cette sortie que j’ai surnommé le couvert « Le Fruit de La Passion » en l’honneur de celui qui nous a indiqué son emplacement. Nous le remercions encore une fois d’ailleurs!

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