Un vrai doublé sur bécasses?

Doublé de bécasses. photo: Charlotte Dragon

Cette histoire mémorable s’est déroulée le lundi 10 octobre 2016 dans une magnifique réserve faunique de la SEPAQ. Un vrai matin d’Action de grâce; froid, ensoleillé et à peine un petit vent du nord est. Si ma mémoire est bonne, ce matin-là avant de nous rendre au couvert identifié la veille en fin de PM (couvert maintenant baptisé le Honey Hole), il y avait du givre sur les vitres du véhicule. Tout y était pour une super matinée de chasse.

Une fois arrivées sur le lieu prometteur, bien préparé, nous lâchons le setter qui comme à l’habitude partit comme une fusée en direction du couvert. Pas besoin de lui expliquer quoi que ce soit….Elle comprit et s’enfonçât rapidement dans le terrain qui était beaucoup plus accidenté que prévu. Nous avons descendu une bonne côte abrupte pour ensuite remonter une autre pente assez ardue, le tout dans la boue et les chicots de trembles, juste pour essayer de suivre un peu le chien. Après 4 ou 5 minutes, ma manette GPS se fit retentir : ça y est Skeetie est bloqué, tout au haut de la colline à environ 135 verges d’où nous sommes.  Je me dépêche le plus possible afin d’aller la rejoindre, car cette courte distance dans un couvert aussi dense ne se franchit pas en criant ciseau.

Arrivée au haut de la colline, j’aperçois un petit bosquet et mon appareil GPS m’indique que le chien s’y trouve, à une distance de 20 verges. Comment décrire le petit écosystème dans lequel je suis entré? C’est le paradis, de jeunes arbres très denses m’enveloppent complètement et recouvrent le ciel me laissant juste assez d’espace pour me déplacer et apercevoir le chien bloqué là depuis maintenant 5 bonnes minutes.  Deux bécasses se sont envolées sur cet arrêt, et deux coups de mon calibre 28 se sont fait entendre.

Je ne sais pas lequel des deux oiseaux Skeetie a arrêté ce matin-là, mais la chance a voulu que celui qui était le plus loin décolle en premier, ce qui me donna assez de temps pour balayer le fusil et basculer le deuxième oiseau également. La première pensée que j’ai eue quand j’ai récupéré le deuxième oiseau de la gueule du chien était : Wow, quel beau travail de Skeetie!

Ensuite en sortant du bosquet, j’ai montré les 2 oiseaux à mon frère en lui disant : Eille je viens de faire un doublé! Avec un peu trop de fierté…

Guillaume et Maxime photo: Charlotte Dragon
Guillaume et Maxime dans le Honey Hole. Photo: Charlotte Dragon

Lors d’une de mes lectures au mois de novembre dans le fameux magazine de RGS (Ruffed Grouse Society), je suis tombé sur l’article d’un vieux chasseur de upland qui m’a fait réaliser un fait important. Voici ce que Steeve Smith écrit : I have shot woodcock for more than 50 years, as I said. I have never shot a true double, that is both birds in the air before the first shot is fired, and then only two shots are taken. Staggered singles- flush, bang; flush bang – are not doubles.

Je ne suis honnêtement pas capable de me remémorer de façon exacte la scène pour être certain si fait un vrai doublé ou uniquement deux simples d’affilés très rapproché ce matin-là. Pour moi ce n’est pas important. Une chose est certaine, ce fut un des plus beaux moments de la saison 2016 et le souvenir sera gravé dans ma mémoire jusqu’à ce que cela fasse 50 ans que je cours après mademoiselle bécasse dans les couverts impossibles, comme Steeve Smith.

Auteur: Guillaume Fortin

Crédit photo: Charlotte Dragon

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